MONIK – Episode 2 : Le brief projet, comment bien faire le premier pas ?


Vous avez des questions sur la création numérique ? Pas de panique, y’a MONIK… le Moment Optimiste Narratif et Instructif à la Kool ! …

Monik c’est aussi et surtout un podcast dédié à la création numérique où vous retrouvez Nicolas, designer d’interactivité à Nantes, dans une série d’épisodes bien trempés permettant aux porteurs de projets, aux travailleurs du secteur mais aussi aux simples curieux d’y voir plus clair dans ce domaine trop souvent complexifié à tort.

Découvrez un nouvel épisode toutes les deux semaines !


Retranscription Episode 2

Episode 2 – Le brief projet, comment bien faire le premier pas ?

Salut à toi jeune entrepreneur ! Alors comme ça toi aussi tu veux savoir tous les secrets pour réussir dans le numérique ? 

Bon, déjà commence par faire un brief ! 

On va se la jouer étape par étape.

Tout d’abord :

1 ° Définis ton contexte 

À chaque projet son contexte ! 

Tu es qui ? Tu veux faire quoi ? Et pour qui ? C’est qui ta cible ?

Tu vas le faire où ton projet ? Quand ?

N’hésite pas non plus à te demander pourquoi tu le fais,  tu le sais, tu le sens, tout ça, tout ça. Bref commence en douceur et pose simplement sur une feuille un rappel du contexte dans lequel ton projet s’inscrit.

2° Pars d’un problème

Là, on commence à s’échauffer un peu.

Regarde un peu comme c’est bien. Tu galères à énoncer clairement le problème auquel tu vas répondre ? 

  • Non ? C’est facile ? Bah c’est que ton projet est simple, bien joué ! 
  • Ah non c’est chaud ? Bah c’est peut-être parce qu’il n’y a pas de problème évident.  Bah oui parce que si il n’y a pas de problème… c’est qu’il n’y a pas de solution… Vu qu’il n’y a pas de problème…..

Et s’il te plaît… Faire plus de fric n’est pas un problème ! « Moi je veux une application pour gagner de l’argent ». Bah non. Toi tu retournes à la case “réfléchir avec sens”  s’il te plait.

Faire de l’argent, c’est une des conséquences d’avoir bien fait son travail, c’est tout. Ce n’est pas un problème à la base de l’innovation. Bref.

Donc énoncer le problème : ben oui . C’est quoi qui te gratte ? C’est quoi le caillou dans ta chaussure ? Voir même les cailloux dans ta chaussure. Car plus il y en a… mieux c’est.

Rappelle-toi : Plus il y a de contraintes plus il est facile de créer et non l’inverse.

Une fois le ou les problèmes bien mis à plat, il est toujours intéressant de formuler une problématique.

En fait, une problématique c’est simplement un questionnement, sur comment tu vas traiter tous ces soucis…c’est une phrase interrogative qui comprend, ton contexte, ton sujet et pourquoi pas plein d’autres trucs qui vont te permettre d’affiner ton angle d’attaque de projet.

Par exemple,  “comment éradiquer la faim dans le monde ?” Trop vaste, trop balaise.

Par contre, “comment faire pour faciliter l’acheminement de denrée alimentaire aux ONG d’Afrique pendant une période de guerre ?” Plus faisable déjà.

Affine ton propos… tu te sentiras mieux tu verras. Tu ne vas pas sauver le monde tout seul.

C’est tout con il suffit de commencer par “Comment pourrait-on”,  d’ajouter un ou des verbes d’action (améliorer, créer, dénoncer, casser…) et de coller le ou les problèmes derrière en affinant avec la cible le contexte, etc.

Une fois la question posée à haute voix. BAM ! Tout s’active comme par magie… Ton cerveau est fait pour solutionner des problèmes… et le plus fou c’est qu’il n’y a pas que le tient.

C’est plus simple de répondre à quelque chose quand la question est clairement posée. Non, tu n’es pas d’accord avec moi ?

3° Objectifs et risques

Je t’ai déjà dit de dire pourquoi tu faisais ce projet ? Oui ? Et bien,  là c’est pareil mais tu développes : « Grâce à ce projet les gens vont pouvoir…. Et du coup il y aura beaucoup moins de… parce que.. » Ça ce sont des objectifs. Ce sont les trucs qui vont être rendus possibles grâce à ce que tu vas faire. Il y en a à court, à moyen et même à long terme.

Et comment parler des objectifs sans parler des risques ?

Sur le chemin vertueux qui te mène à la plénitude de réussir ce que tu entreprends… tu vas rencontrer des embûches et des limites et certaines sont extrêmes… Les limites.

Et bien c’est ici que tu dois faire l’exercice de les citer. Et oui c’est quand même plus cool de les anticiper dès le brief plutôt que de les prendre en pleine tronche pendant la production… alors que tu les savais dès le départ petit coquin.

4° Ça fait quoi ton truc ? Et ça prend quelle forme (attentes et rendu) ?

Divise ton projet en blocs, parties, etc. Encore une fois, c’est tout con… Plus un problème est gros, plus il est difficile de le traiter tout de go. Morcelles le en petites parties et de suite tout est plus accessible. C’est pareil pour un brief projet. Plus il est divisé en petites parties, plus il est facile d’y répondre pour t’accompagner.

Attention, ne pas confondre complet et complexe.

Pas besoin d’en faire trop. Si tu commences à noircir des pages et des pages, demande- toi si tu n’es pas en train de faire n’importe quoi. Un projet ça se phase, là tu n’en es qu’au brief! Donc vas-y mollo, fais simple pour y voir clair, concentre-toi surtout sur les besoins.Car, “du besoin, naissent les fonctionnalités, des fonctionnalités naît le contenu”

L’aspect fonctionnel et logique fera l’objet d’étude dans la phase de conception donc ne te prends pas la tête de suite à essayer de révolutionner tout seul la roue ! MOLLO FILLO ! Pose les bases. 

Et pour ça… rien de plus con. Fais la liste au père Noël : Moi j’aimerais que ça fasse ça. Moi j’aimerais que les choses ressortent ainsi. La personne doit faire ça pour avoir ceci.

C’est amplement suffisant pour le moment. SIMPLE IS BEAUTIFUL

5° La période

Dans quelle période s’inscrit ton projet ? Alors, ne nous sort pas une deadline à 2 semaines…. Vu tout ce que tu as écrit avant sois réaliste un peu ! 

Dis-toi que dans un projet numérique tu as toujours : 

  • Une phase de réflexion (c’est là où tu récoltes l’info et tu l’analyses)
  • Une phase de positionnement (c’est là où tu prends les décisions)
  • Une phase de conception (c’est là où tu désignes / réfléchies à comment les choses vont être faites)
  • Une phase de développement (c’est là où tu fais / développes les choses)
  • Une phase de recette et débug (c’est là où tu vérifies les choses)
  • Une phase de mise en production (c’est là où enfin tu mets tout en ligne à la disposition des gens !)

Bon bah quand tu sais ça tu te dis que ton projet il ne peut pas être court ! Et oui, ça n’existe pas ces choses-là.

Prends le temps de phaser  tout ça même si ça fait mal au moral et que tu avais dit au banquier sur ton business plan que t’allais tout sortir en 1 mois. Loupé !  La production numérique ça prend du temps, il faut se mettre ça dans le crâne.

6° Le budget

Oui, car tu as un budget. Arrêtes de me mentir à chaque fois, car si je te dis “ok tu n’as pas de budget alors c’est 100 000€” tu vas me dire “ah non c’est trop” ! AH donc tu as un budget ! 

Le budget est important, car il va orienter bcp de choses : tes prestations, tes choix technologiques, ce que tu vas développer en premier, etc.

Ne te demande pas ce que tu vas pouvoir économiser en ne donnant pas de chiffres aux personnes qui souhaitent t’accompagner. Demande toi ce que tu peux mettre pour y arriver. Et je ne parle pas que d’argent, il y a parfois des moyens humains qui valent tout autant voire plus.

Ok petit chat ! Tu as un premier brief. Bravo je suis fier de toi !

Et oui c’est aussi simple que ça. Ne confonds pas brief et cahier des charges, qui lui, est un gros pépère de précisions et de décisions.

Un brief ça doit te permettre d’être flexible, d’étoffer ton idée avec les personnes que tu rencontres et qui t’aide à préciser tout ça. N’ancre pas tout de suite tes idées dans le marbre, car tu verras que dans ce long chemin que constitue l’innovation et la création numérique les choses sont bien souvent remises en question.

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